samedi 10 mars 2012

Cajamarca

Bonjour à tous !

 Je sais que vous êtes nombreux à attendre chaque jour avec impatience que soit publiée la suite de nos aventures péruviennes, et que vous vous endormez les yeux plein de larmes lorsque nous n'avons pas trouvé le temps de vous écrire. Mais rassurez-vous, même à l'autre bout du monde vos prières ont été entendues, et voici en exclusivité des nouvelles de nos tribulations andines.

            Mardi 28 février. Après un petit trajet en bus de 16h à peine durant lequel nous avons eu tout le temps de découvrir la culture locale à travers des films tels que « Les trois mousquetaires », nous voilà arrivés dans la ville qui sera notre point de chute régulier tout au long de notre séjour au Pérou : Cajamarca (notez que le « j » se prononce « re » en espagnol). Rien à voir avec le gigantisme de Lima, mais elle reste une ville importante, « capitale » du district du même nom, et assez étendue.
            Le centre-ville s'organise autour de la Plaza de armas, où se trouvent l'église, la cathédrale et la plupart des hôtels. Comme à Lima, les rues interminables, où se succèdent inlassablement petits commerces et restaurants, sont toutes agencées perpendiculairement les unes aux autres, dessinant ainsi  des « cuadras » parfaitement rectangulaires. En conséquence, les gens ne se repèrent pas par rapport aux noms de rues mais par rapport aux « esquinas », les coins de rues. C'est très différent de ce qu'on connaît en Europe. Depuis la Colina Santa Apolonia, que nous avons gravie progressivement pour habituer nos organismes aux 2 750 m d'altitude, on peut voir toute la ville avec en fond les Andes, les vraies, verdoyantes et majestueuses, et les nuages opaques qui masquent ses sommets.
            Pour nos quatre nuits sur place, nous nous sommes installés à l'hôtel Plaza, dans une sorte de dortoir assez simple et aux lits peu confortables. En théorie il est possible d'y prendre une douche chaude, mais en pratique nous n'avons jamais réussi, le ballon d'eau chaude ayant une fâcheuse tendance à être vide dès 8h du matin ! Nous avons donc pu goûter à la douche la plus courte et la plus  vivifiante de notre vie. Rendons également  hommage à la gérante de l'hôtel, personnage singulier qui n'hésite pas à se curer le nez et à cracher sur les tapis des couloirs lorsque vous discutez avec elle.

            Impossible d'évoquer Cajamarca sans parler d'un couple extraordinaire que l'on peut d'ores et déjà appeler amis. Nous avons en effet été accueillis par Paola et Ernesto, deux chaleureux jeunes gens de 27 et 26 ans qui habitent ici avec leur petite fille de 5 ans, Brissa, véritable tornade miniature curieuse de tout. Ce sont des grands amis de Bertrand, chef de l'équipe précédente et vice-président d'APN, et ils nous ont dès notre arrivée consacré beaucoup de leur temps, de leur aide et de leur bonne humeur. Ils n'hésitent jamais à nous inviter chez eux, à nous faire visiter la ville et à nous accompagner dans nos différentes démarches. On peut dès à présent leur dire merci.

vue sur Cajamarca depuis la collina Santa Apolina avec Paola

            Le mercredi, nous nous sommes laissés tenter par une des curiosités touristiques du coin : les Baños del Inca, bassins d'eaux thermales à 71°C qui dégagent leur fumée et leur odeur de soufre. L'endroit est sympathique et abrite encore des vestiges incas, mais il faut bien avouer qu'il a été aménagé de manière un peu trop quelconque et bétonnée. C'est dommage car il présente un indéniable potentiel. Pour notre part, nous avons profité de la piscine chaude, très chaude, et des douches qui vont avec, ça nous change de celles de l'hôtel ! Après la baignade, repas pour le moins singulier : on a mangé notre premier « cuy », le fameux cochon d'Inde. Une tête et des pattes griffues dans l'assiette, c'est assez peu ragoûtant ! Au final, la viande se révèle assez neutre et difficile à manger.

            Le lendemain, on décide de se lancer dans notre première randonnée, en théorie 8 km jusqu'aux Ventanillas de Otuzco, nécropole antique constituée de multiples petites cavités creusées dans la roche. Ce qui devait être une petite marche va se révéler un peu plus complexe : pour réussir à sortir de Cajamarca, on a beaucoup tourné en rond, les péruviens étant quelque peu avares en explications claires et précises sur la direction à suivre. Que des blancs veuillent faire le voyage à pied semble les surprendre ! Sur les routes, le soleil tape fort, et on s'en tire avec de légères insolations qui néanmoins ne suffisent pas à entamer notre moral et à nous empêcher de profiter du paysage.

 Otuzco

            On passe les soirées avec Ernesto et Paola, qui nous ont cuisiné un « Aji de pollo » (poulet au piment avec du riz et des patates) et nous ont emmenés dans un bar à concerts-discothèque très sympa (bien qu'on y retrouve les mêmes stéréotypes qu'en France, pour être poli), avant de nous conduire dimanche à 1h du matin au combi (sorte de mini-bus) qui doit nous mener jusqu'à Cospan, où le projet Agro Peru Niños et le dépaysement total prendront tout leur sens. Mais ceci est une autre histoire...

NG

lundi 27 février 2012

¡ Lima !


 ¡Hola todos !

Ici Julien en direct de Lima! Nous sommes bien arrivés jeudi soir à 0h30 soit 6h30 en France, sachant que nous étions partis jeudi à 9h30, ça nous a fait une bonne petite journée dans l'avion!
Nicolas nous a rejoins avant-hier après midi.

Premières impressions sur Lima: c'est une très grande ville (9 millions d'habitants!!) et très, très bruyante. Sur les routes il n'y a presque que des taxis et des combi (sortes de petits bus-fourgons) qui passent leur temps à klaxonner pour que les gens montent ou pour que les autres voitures les laissent passer. Et pour ajouter à tout ce bruit, il y a les alarmes des voitures, qui se déclenchent tout le temps et qui sont assez impressionnantes. Imaginez toutes les alarmes que vous connaissez les unes à la suite des autres !


L'avenue Arequipa

Autre point flagrant, les différences de niveau de vie. On était prévenu mais c'est tout de même impressionnant de le voir par soi-même. Dans le quartier ou nous sommes, Miraflores, qui est relativement aise, les maisons sont encadrees par des grilles, certains proprietaires allant jusqu'à mettre des clotures electriques.



 Miraflores


Vue des quartiers pauvres de Lima depuis les hauteurs

L'auberge dans laquelle nous sommes restés ces quelques jours, the Lex Luthor's house, était très bien. Confort « à l'européenne », gérant très sympathique et arrangeant. Ils nous ont mis en contact avec un chauffeur de taxi, Victor, qui est devenu notre chauffeur attitré =)
Il nous a proposé la visite de Lima pour moitié prix par rapport au bus touristique.
Personnage très sympathique qui a vécu aux USA, donc parfait pour moi qui commence à peine à baragouiner quelques mots d'espagnol ! En plus des traditionnels monuments, il nous a amenés « là où les vrais péruviens vivent » Bref, bien intéressant tout ça!

Ce soir nous partons pour Cajamarca. 15H de bus en perspective.... 
JM.


La fine equipe

mardi 21 février 2012

ça y est, c'est parti !

Ici Cloé qui vous parle.

Nom de code de la mission : Départ Pérou, houlala !

Comparses : toujours les mêmes, dont vous allez suivre les aventures pendant ces quelques mois : Julien, Clément, Nicolas et moi

Date de départ : Pour Clément, Julien et moi, le 22/02/2012 (oui oui, c’est bien demain !). Pour Nicolas : 25/02/2012.

Temps du voyage : approximativement BEAUCOUP ! Départ 9h25 de charles de gaulle, arrivée à 22h14 à Lima (heure locale bien sûr, c’est-à-dire -6h, il est donc 4h14 du matin en France…) ça c’est du voyage !! Ce qui fait une bonne journée de 30h ! Enfin une journée relativement perdue … passer son temps dans l’avion ce n’est pas drôle du tout, mais ça vaut le coup en sachant ce qu’on va vivre ensuite ^^

Taille et poids du bagage : Un bon gros sac de rando, aux alentours de 13-14 kg … Maintenant je comprends mieux pourquoi les escargots vont si lentement ! :)

Niveau d’excitation et de stress : ADRENALINE A SON MAXIMUM !! Un mélange assez déconcertant de peur (j’ai pas oublié mes bouquins pour la route, ni mon passeport !?) et de joie intense (Je vais voir le Machu picchuuuuuuuuuu !!). Mélange peu habituel, certes, et qui nous fait passer en quelques secondes d’un état de stress « Mais où est donc passé ce couteau suisse !?? » à un état de bonheur, proche de la méditation «  Je vais vivre en Amérique Latine pendant quelques mois, ça va être simplement génial !! ».

Ensuite il nous reste les dernières vérifications. Ne pas oublier de regarder sa liste au minimum 10 fois, se demander si ce shampoing est vraiment indispensable, regarder les papiers qui nous permettent de sortir du pays avec les yeux brillants, oui je parle bien du passeport et des billets d’avion. C’est quand même eux qui nous permettent d’aller si loin, si haut, si fort !
Continuer par se dire que le dictionnaire francais-polonais est probablement superflu, mais pas le francais-espagnol ! Se demander si « rotules » se dit bien « rotulas » en espagnol pour pouvoir réviser l’unique phrase apprise par cœur à dire au taxi en arrivant « pourriez-vous nous amener à notre auberge de jeunesse ? parce qu’après un voyage comme ça, on est sur les rotules ». Stresser en perdant la réservation de l’auberge à Lima, la ré-imprimer  pour la 3ème fois, et la mettre à l’endroit où se trouve l’une des anciennes versions… « Aaahhh c’est là qu’elle était !! ».
Finalement, rechercher des occupations pour le vol : lecture des moult guides de voyage achetés, des documents des associations (pour se mettre dans le bain), de romans (en français, ou pour les plus courageux en espagnol), dormir, utiliser des livres de jeux ainsi que des jeux de cartes …

Tout ça pour dire, LE GRAND VOYAGE COMMENCE DEMAIN !! :D

samedi 11 février 2012

Derniers préparatifs (ou comment faire rentrer un pingouin et une luge dans un sac de voyage)

    Il faut se rendre à l’évidence, la date du départ approche à grands pas ! Du coup, il devient urgent de s’activer dans la préparation de ce séjour, ce qui ne s’avère pas vraiment de tout repos. Il faut penser à tout, et on a beau avoir quatre jeunes cerveaux dynamiques (sauf les week-ends et jours fériés), c’est pas facile.
Et encore, heureusement pour les étourdis que nous sommes, viennent régulièrement s‘ajouter les capacités cérébrales de nos parents. Rendons-leur hommage, ils font tout ce qu’ils peuvent pour nous aider tellement on va leur manquer.
    Je disais donc, il est grand temps de se remuer et de faire preuve autant que possible d’efficacité, d’ingéniosité et de clairvoyance (vous comprenez déjà que ça va coincer quelque part). Et comme on vous avait dit qu’on vous ferait partager toutes les étapes du voyage, on tient parole, en vous faisant profiter des... derniers préparatifs !

    Premier obstacle, la constitution du sac. De suite, un problème nous saute aux yeux : un tas de trucs à emmener, mais un sac de 23 kg maximum, pas un de plus, autorisé dans l’avion. Surtout que c’est bien beau mais il va falloir le traîner sur des kilomètres, ce sac, tout au long des 5 mois du séjour. Hors de question alors de nous charger comme des mules (ou des lamas pour le coup, prenons l’habitude d’utiliser les références locales).
Il va donc falloir faire des choix, et organiser le rangement de manière intuitive pour ne pas avoir à déballer la moitié du contenu pour trouver sa brosse à dents. Comme dirait un ami à nous, il faut optimiser.
    On a donc commencé par le plus important : maillot de bain, serviette, lunettes de soleil, masque et tuba, chemise à fleurs, appareil photo, crème auto-bronzante... Et puis on s’est souvenu qu’on ne partait pas faire du tourisme, mais bien travailler un minimum. Du coup, on a immédiatement enlevé la chemise à fleurs, ça fait pas sérieux.
    Sac de randonnée, chaussures de randonnées, pull de randonnée, slip de randonnée... nous voilà fin prêts pour traverser l’Amérique latine de long en large. On emporte aussi quelques tenues un peu plus habillées, histoire d’avoir un certain standing lors des réceptions parmi les hautes sphères du gouvernement péruvien (et aussi pour draguer en boîte). Pas facile de savoir quels vêtements choisir, parce qu’on va être confrontés à un peu tous les climats, du froid vif des Andes à la moiteur de l’Amazonie, en passant par la sécheresse des paysages côtiers.
    On a dû se résoudre, la mort dans l’âme, à éliminer tout un tas d’objets indispensables mais qui se sont révélés fort peu pratiques à transporter : cocotte-minute, haltères, encyclopédie universelle, luge, collection de timbres, microscope, pingouin, écran plat, j’en passe et des meilleurs, ne seront malheureusement pas du voyage.

    On emmène de quoi s’occuper pendant les trajets souvent longs qui nous attendent : un jeu de cartes où il ne manque pas de cartes dedans, un ours en peluche pour les jours où on est en manque d’affection, des Playmobil en avant les histoires, une Game boy... Ca promet de belles heures de rigolade.
    On embarque aussi quelques petits trucs typiques de chez nous qu’on pourra faire partager aux péruviens et aux équatoriens. Au début on avait pensé au camembert, au foie gras et au Bordeaux, mais on s’est dit que le trajet risquait de faire perdre à ces bons produits du terroir un peu de leur authenticité (et de leur fraîcheur). Alors on a eu une idée de génie : qu’est-ce que la France sinon une terre de musique ? On a donc tous fourré dans nos sacs un baladeur mp3 rempli de cette variété française qui fait la fierté de notre peuple : La chanson du dimanche, Max Boublil, Giedré, Joe Dassin, Booba, Fatal Bazooka, Keen V, PZK, Didier Super... Vous pouvez d’ici apprécier toute la subtilité de cette playlist. J’imagine déjà les petits péruviens écoutant ça des étoiles plein les yeux, se disant que la France ça doit quand même être quelque chose. C’est beau le mélange des cultures !

    C’est pas tout ça, mais il s’agirait aussi de penser à se protéger. On prend donc rendez-vous chez notre médecin, et alors là c’est la totale : vaccins contre la fièvre jaune, contre la fièvre typhoïde, contre la rage, contre la mauvaise humeur, contre les hépatites A et B, contre les pieds qui puent, contre la gueule de bois... Bref on a des piqûres plein les bras, mais si avec ça nos systèmes immunitaires ne sont pas au taquet je comprends plus rien à la médecine moi ! J’aimerais pas être le virus qui croisera ma route, il risque de passer un sale quart d’heure. On accompagne le tout d’une trousse à pharmacie bien remplie, pour soigner les petits bobos du corps et de l’âme (c’est beau).

    Parallèlement, on cherche encore et toujours le petit financement qui changerait l’auberge de jeunesse et ses charmants cafards en palace 5 étoiles avec jacuzzi privatif. C’est une blague, je précise, évidemment on ne vise pas à se remplir les poches pour vivre dans l’opulence durant 5 mois, mais bien à débloquer des fonds pour soutenir du mieux possible nos actions de développement local.
    Et là encore, c’est pas triste. Je vous donne un petit exemple représentatif. « Bonjour la région Rhône-Alpes d’où je viens, je voudrais des sous. S’il vous plaît. » « Ah non, ça va pas être possible, depuis cette année il faut faire ses études chez nous pour être éligible. Adressez-vous plutôt à la région de votre lieu d’études ». « Ah bon, si vous le dites. Merci quand même. »
« Bonjour la région Lorraine d’où je vais en cours des fois, je voudrais des sous. S’il vous plaît. » « Ah non, ça va pas être possible, depuis cette année il faut être originaire de la région pour prétendre toucher une bourse. »
Echec cuisant. Et pourtant, vous pouvez constater que j’ai été fort poli. C’est à n’y rien comprendre.

    On révise le vocabulaire espagnol de base : « pourriez-vous nous indiquer la prison de quartier où notre petit camarade a été enfermé par mégarde ? », « vous habitez chez vos parents ? », « garçon ! une autre bière, c’est sa tournée », « vas-y fais-moi la passe ! », « j’ai mal là, et là, et là aussi », « quel est ce petit animal fort ragoûtant qui nage dans mon assiette ? »... autant de petites phrases complexes mais indispensables pour survivre dans un environnement hostile.

    On enchaîne les rendez-vous : à la banque pour parler retraits et modalités de paiement, à l’hôpital pour parler infections, turista ou paludisme, chez Orange pour leur demander poliment de suspendre notre forfait pendant 5 mois sinon on file chez Free de suite, chez Papy et Mamie pour leur assurer que non les Shuar ne coupent plus les têtes des gens... Bref on ne s’ennuie vraiment pas, on a un emploi du temps de ministre, c’est chouette on se sent importants !

Voilà, c’était un rapide aperçu de notre vie trépidante avant le départ. A très bientôt pour un nouveau vrai post utile, ou à dans quelques temps pour un autre article du même acabit que celui-ci, si vous n’en êtes pas sortis affligés.

PS : dans cet article se cachent quelques vraies infos et même quelques propos intelligents, voire deux ou trois trucs intéressants. Mais je vous dirai pas où, ce serait trop facile. Retenez simplement que le grand saut, c’est dans une semaine et demie, que les sacs se remplissent petit à petit et que les derniers détails se règlent doucement mais sûrement, ce sera déjà pas mal.

NG

mardi 17 janvier 2012

Les élèves de Cospan s'expriment

Je vous parlais d'entretiens individuels avec les élèves du collège de Cospan réalisés par APN dans le dernier article. Et bien voilà donc ce que pensent les élèves de Cospan!

D'abord, sachez que le collège compte 52 élèves de 12 à 22 ans répartis sur 5 grades (= niveaux). Le premier grade correspond à la première année, le second à la deuxième, et ainsi de suite. Certains jeunes n'intègrent pas le collège à 12 ans mais plus tard, d'où une pyramide des âges assez étendue. Le cycle "normal" commence à 12 ans et se termine à 17 ans.

80% de ces élèves savent ce qu'ils veulent faire plus tard. Les métiers de la construction et des mines sont les plus sollicités par les garçons (7 mécaniciens, 4 conducteurs d'engins, 6 ingénieurs BTP). Les filles souhaitent devenir avocates, infirmières ou agents de police.
Un point à creuser: seuls 3 élèves veulent travailler dans les métiers du vivant (ingénieur agronome, environnemental et pépiniériste). C'est très certainement à associer au contexte: l'agriculture est un métier très dur au Pérou et le domaine du vivant qui lui est associé ne suscite que peu d'envie.

En ce qui concerne directement le module:
- 92% des élèves pensent que les cours d'éducation pour le travail leur seront utiles dans leur vie future. La pertinence du module est donc soulignée ici. Et 92% aussi des élèves aiment ces cours, ce qui n'est pas négligeable!
- 69% des élèves ont rapporté des plantes chez eux. Ils les ont plantées et elles se portent bien.
- 87% des enfants ont un potager dont 58% depuis 2 ans ou moins. On voit ici l'impact positif du module sur cet aspect.

D'autres chiffres enfin pour illustrer le contexte:
- 94% des parents d'élèves sont agriculteurs, ou double-actifs. 88% des enfants sont issus de familles strictement agricoles.
- 83% du second au cinquième niveau estiment que leur alimentation a changé depuis le début du projet (2 ans). 57% d'entre eux consomment plus de légumes, 21% plus de fruits, 9% plus de produits transformés à la maison, et 24% ont augmenté leur diversité alimentaire (féculents, céréales, protéines).


Tous ces résultats sont très intéressants. Ils permettent de connaître avec précision le contexte, et d'ajuster les cours du module au mieux à la demande des élèves du collège.
Ce qu'il faut retenir de tout cela, c'est que l'action d'APN depuis 2 ans porte ses fruits (sans jeu de mots), que le module a un effet positif sur la vie des enfants.
C'est sur cette dynamique que nous nous apprêtons à poursuivre le projet. Et ces résultats prouvent que nous sommes sur la bonne voie!

CV

M.A.J. le 16/02: le rapport complet est maintenant disponible.

lundi 16 janvier 2012

Qui ? Quoi ?

Bonjour à tous !
Voici un premier message de présentation de l’équipe et du projet. Concernant le projet, je vais en grande partie reprendre ce qui a été expliqué par Clément au collège de Versailles et par Clément et moi-même (Julien) au collège d’Estaires.
Tout d’abord qui sommes-nous ? Vous connaissez déjà tous Clément, certains me connaissent moi. Mais nous partons à 4 !
Alors galanterie oblige, je commence par la seule fille, Cloé Dupont. Elle est originaire de Lestrem dans le Pas de Calais et vient de terminer ses études de biotechnologie à Paris. Elle profite donc de ne pas encore avoir de travail pour partir avec nous (espérons qu’elle en trouve à son retour :) ).
Nicolas, Clément et moi-même sommes tous trois encore étudiants en agronomie (= science de l’agriculture) et en environnement à Nancy. Nous avons pris une année de césure (= une « pause ») dans nos études pour faire chacun un stage et ce projet.
Nicolas Goiran est originaire de Saint Etienne (Allez les Verts !), Clément Vinsard de Versailles (il habite au château…) et moi, Julien Macrelle, d’Estaires (plus belle ville du Nord Pas de Calais).
en haut: Nicolas, Clément; en bas: Julien, Cloé
 
Vous avez peut-être deviné en lisant, je suis le seul à connaître toute l’équipe de longue date. Cloé a rencontré Clément et Nicolas cette année, lorsqu’elle a rejoint le projet… Ceci m’amène à un aspect important du projet : l’échange avec les autres. Partir en Amérique du Sud pendant 5 mois va nous permettre de rencontrer des gens de toutes sortes, souvent très différents de nous. C’est pour vous faire partager ces rencontres que nous avons choisi de tenir ce carnet de voyage !
        Nous avons choisi d’aller à la découverte de deux petits pays du continent sud-américain, le Pérou et l’Equateur, pas seulement en tant que touristes de passage, mais en créant un échange véritable avec les personnes qui peuplent ces pays par l’intermédiaire de deux associations soucieuses de soutenir leur développement local. Notre mission s’étalera sur cinq mois pendant lesquels nous tenterons de réaliser, à notre échelle, les souhaits de ces populations.

Nous partons pour deux associations différentes : une au Pérou, Agro Peru Niños (APN), l’autre en Equateur, Heaven on earth (Hoé).

Tout d’abord, quelques mots sur le Pérou.
Nous irons dans le village de Cospán, dans la province de Cajamarca au coeur des Andes péruviennes, où l’association travaille depuis 2008. Le village est très pauvre et l’agriculture très difficile à cause de sa situation géographique (dans la montagne). L’équipe partie avant nous, en 2010, a mis en place dans le collège du village un module (= cours) d’agriculture, nutrition, santé.


Il y avait plusieurs objectifs :
-       apprendre aux élèves de nouvelles techniques agricoles pour leur permettre de les transmettre à leurs parents (presque tous agriculteurs) ou de les utiliser eux-mêmes s’ils deviennent agriculteurs par la suite.
-    mettre en application ces techniques par des travaux pratiques : le collège a un potager et une pépinière.
-        leur expliquer l’importance d’avoir une alimentation variée (glucides, protéines, lipides et surtout fruits et légumes !). En effet là-bas les jeunes ont tendance à manger énormément de féculents (pomme de terre et d’autres que l’on connaît moins) et pas assez de fruits et légumes, ce qui  peut causer des carences en vitamines. (De même qu'en France, il y a le programme "mangez - bougez")

En 2010, l’association a choisi les points importants à aborder et écrit le programme du cours. Elle a également trouvé un professeur capable de donner les cours prévus.

Lors de notre séjour nous aurons plusieurs objectifs :
-         faire des démarches pour que la formation soit reconnue par le gouvernement régional, et ainsi s’assurer que les cours auront encore lieu dans les années à venir.
-         trouver des intervenants pour assurer la formation aux agriculteurs adultes directement. Pour cela, nous nous adresserons à l’université de Cajamarca (plus grande ville de la région.)
-         faire creuser un bassin pour stocker l’eau. Au Pérou, il n’y a que deux saisons : la saison sèche et la saison des pluies. Il existe un canal d’irrigation amenant de l’eau depuis une rivière jusqu’au village, mais l’eau est avant tout utilisée par les « vrais » agriculteurs (ce qui est normal). Le collège n’a accès à cette eau qu’une fois tous les 22 jours et le potager du collège souffre donc du manque d’eau. L’idée est de remplir le bassin tous les 22 jours pour utiliser l’eau entre temps.
-         construire un élevage de cochons d’Inde pour le collège (oui oui, pour les manger, ils sont très appréciés là-bas !)
-         si l’association a suffisamment d’argent, nous commencerons à financer la construction d’un laboratoire de transformation alimentaire. Celui-ci servira en même temps aux travaux pratiques du collège et fera office de coopérative agricole pour les agriculteurs du village.


Pour le projet Equateur, sur lequel nous travaillerons de juin à août, l’association Hoé travaille avec la fondation Tsunki Shuar. Cette fondation est basée dans la ville de Puyo et a été créée par les indiens Shuars afin de valoriser leur culture.

En effet, en Equateur les indiens sont victimes de discrimination, ils sont considérés comme des « sauvages », il y a donc un important besoin de reconnaissance de leur mode de vie.
Hoé aide la fondation sur son principal projet : la construction de la « Casa de la sabiduria » (= maison de la sagesse). Il s’agit d’un musée de la culture Shuar, mais un musée « vivant » puisqu’il sera géré par les indiens eux-mêmes, mais aussi parce qu’il ne sera pas qu’un lieu d’exposition, il sera :
  • Un musée des cultures indigènes de l’Amazonie équatorienne (espace d’exposition),
  • Un lieu de rencontre, d’échange et de solidarité,
  • Un atelier (langue, danse et chants, artisanat, etc.),
  • Un espace de vente pour les communautés (artisanat et autres).
Les équipes précédentes ont pu financer les fondations, la charpente métallique et le toit. Notre objectif est de réunir assez d’argent pour monter les murs (restera l’intérieur à aménager).
Parallèlement, nous aiderons directement la communauté de Shuars portant le nom de « Putuim ». Hoé a noué au fil des ans une relation privilégiée avec cette communauté. Nous chercherons également à en rencontrer d’autres, et à leur apporter le soutien de l’association si possible.

Voilà, j’ai fait le tour des deux projets.
Prochaine étape : départ le 22 février


Cette partie du blog vous est spécialement dédiée - pour pouvoir nous poser des questions, n'hésitez pas à visiter le reste, bien que certains articles seront plus techniques.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser.

JM.

PS : rendons à César ce qui lui appartient, la correction de mon aurtografe désastreuse est assurée par Nicolas et Clément  :)

mardi 3 janvier 2012

Des nouvelles de Cospan !

         En novembre dernier, Bertrand et Cécile, membres d'APN, se sont rendus à Cospan. Ils ont donc pu nous donner des nouvelles toutes fraîches de l'avancée du projet. Et vous constaterez, comme nous, que ça motive énormément!

Alors, tout d'abord sachez que toute la surface exploitable autour du collège a été mise en culture par les élèves au cours des classes mises en place grâce à APN.

Dans le verger-potager, on trouve une grande diversité de fruits et légumes dont il va falloir apprendre les noms en espagnol (ay caramba!): des salades (lechugas), du chou (repollo), des haricots (frijoles), des carottes (zanahorias), des pois (alverjas), des fèves (habas), des pois-chiches (garbanzos), du piment (rocoto), des tomates-en-arbres (sacha tomates ou berenjenas), de la coriandre (culantro), du maïs (maîz), des avocatiers (paltos), des citronniers (limoneros), des orangers (naranjos) et des pommiers (manzanos).

Une petite pépinière a été créée grâce aux plants améliorés de Martin (le professeur). Des espèces sylvestres y sont semées: des pins (pinos), des eucalyptus (eucaliptos) et des cyprès (ciprés), ainsi que des espèces fruitières telles que celles présentes dans le verger-potager, et bientôt des fleurs ornementales (roses greffées principalement).

Quasiment tous les enfants participent au potager familial, et ont pu rapporter chez eux des plants d’arbres fruitiers et sylvestres.
Des entretiens individuels ont été réalisés par APN avec tous les élèves des différents niveaux pour connaître leur ressenti sur le module (52  petits veinards en tout). Ce travail permet d'adapter au mieux les cours aux besoins des enfants.
Une révision du syllabus a d'ores et déjà été faite suite à cela.


La mairie du district de Cospan s'est engagée, en signant un acte de compromis, à fournir le matériel nécessaire au bon fonctionnement du potager-école du collège, à construire une mini-réserve d'eau pour éviter la sécheresse et à assurer la pérennité de l'emploi de Martin, le professeur. Cela promet d'assurer la durabilité du projet.

Par ailleurs, une rencontre avec l'association des parents d'élèves (APAFA) a eu lieu et le projet dans son ensemble a été discuté en assemblée générale. N'oublions pas qu'il faut toujours répondre à une demande locale, la population est donc la mieux placée pour faire évoluer le projet.

En ce qui concerne le laboratoire, les démarches administratives sont initiées. Ainsi, le maire de la province de Cajamarca s'est engagé à fournir un devis.

En résumé, les nouvelles sont bonnes! Le projet avance bien. Il reste encore beaucoup à faire mais des bases solides sont posées. Et je peux vous garantir que ces infos nous donnent déjà envie d'y être! "Dis, dis, le 22 février c'est dans longtemps? ... 2 mois? Et c'est beaucoup 2 mois?"

CV (assis dans l'entrée avec son sac à dos, prêt à partir)