Salut tout le monde!
Comme l'avez certainement remarqué, nous n'avons mis qu'un article depuis que nous sommes en Equateur... En fait c'est parce que tout ce passe très mal et que nous ne voulons pas écrire des articles simplement pour nous plaindre!
Non je plaisante ^^ L'association pour laquelle nous travaillons ici, nous oblige (de vrai tortionnaire) à tenir un autre blog, et en vérité c'est assez compliqué de mettre à jour les deux, donc voici simplement l'adresse de l'autre blog- où il y a déjà pas moins de 4 articles woooooooouuuuuu :
http://hoequateur.over-blog.net/
Voilà, vous pouvez maintenant continuer à suivre nos fabuleuses aventures!
A bientot donc.
Affichage des articles dont le libellé est pour les écoles. Afficher tous les articles
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jeudi 12 juillet 2012
mardi 15 mai 2012
Miam miam ! Rico Rico !
Comme on vous connait bien (oui oui, il parait qu’on a été des enfants avant vous… à moins qu’on ne le soit encore…), on a décidé d’écrire un article sur ce qui vous intéresse le plus. Non pas les jeux vidéo, ni le dernier cours de vos supers profs, mais sur l’alimentation au Pérou !
Et ça vous fait une petite pause en attendant le reste de nos aventures trépidantes ;)
J’espère que vos papilles sont prêtes car il y a beaucoup de choses à dire !
Au Pérou, on trouve des aliments identiques mais aussi très différents de la France, et qui n’existent que dans les Andes ! Leur manière de cuisiner est aussi différente.
Tout d’abord on va voir les différents types d’aliments du Pérou. En italique sont indiqués les noms des aliments en espagnol. S’il n’y a que le nom en espagnol, c’est qu’il n’y a pas de traduction possible : c’est un aliment qui n’existe que dans les Andes. Et oui, un peu de vocabulaire espagnol en plus !
Féculents et légumineuses :
-Riz (à tous les repas) = arroz
-Pommes de terre (=papas), il en existe plus de 3000 espèces dont la patate douce (camote).
-Maïs (=maiz), il en existe aussi une multitude d’espèces qui peuvent être de différentes tailles et couleurs. Le choclo est du maïs doux, il est bouilli et vendu dans la rue accompagné de fromage.
-Pâtes (=pasta) : spaghetti, tagliatelles ou nouilles chinoises
-Lentilles (=lentejas)
-Manioc (=yucca)
-Haricots blancs (=frijoles)
-Pois chiches (=garbanzos)
-Quinoa
-Oca, aussi appelé Arracacha (pas de traduction française!) et pas encore testé !
-Banane frite (=plátano)
Les féculents !
Au premier plan à gauche, c'est l'oca. Et à droite dans le tissu jaune, c'est une sorte de pommes de terre blanches !!
Sources de protéines :
-Poulet (=pollo)
-Poule (=gallina)
-Lapin (=conejo)
-Truite (=trucha)
-Dorade (=dorada)
-Fruits de mer (moules, couteaux…) (=mariscos)
-Bœuf (=buey quand il s’agit de l’animal ; res ou vaca quand il s’agit de la viande)
-Porc (=cerdo pour l’animal et la viande)
-Canard (=pato)
-Chevreau (=cabrito)
-Veau (=ternero pour l’animal et ternera pour la viande)
-Œuf (au plat, brouillé, en omelette) (=huevo)
- Quesillo, fromage fait à partir du petit lait
Un bar restaurant typique, ca donne envie non ?
Légumes :
-Oignon rouge (partout, mais vraiment partout !)
-Salade verte
-Tomate
-Avocat (énorme!)
-Chou
-Courges dont le zapallo, sorte de courge gigantesque
-Epinards
-Carottes
…
Fruits :
-Ananas
-Citron vert
-Citron jaune
-Banane
-Orange
-Mandarines (vertes mais mûres)
-Pommes (minuscules et quasiment sans pépins)
-Fruits de la passion (maracuya ou granadilla)
-Tomate en arbre, en fait appelée aubergine (berengena)
-Poro poro (cf photo)
-Figue de Barbarie (Tuna) (pas encore testée)
-Lucuma (pas encore testé non plus)
-Chirimoya (ressemble à une pastèque extérieurement, très bon en glace !)
…
A gauche, une granadilla ou fruit de la passion, bon et sucré !
A droite, un poro poro, se pèle comme une banane mais contient plein de grains un peu acides !
Au Pérou, comme en France, les aliments dépendent des régions géographiques :
-sur la côte, on trouve beaucoup de poissons et de fruits de mer ;
-dans les hauts plateaux, on mange surtout de la poule et de la truite arc-en-ciel d’élevage ;
-dans la jungle, les gibiers et les poissons de fleuve (l’Amazone) sont les plus consommés.
Dans tout le pays, malgré la diversité des aliments, on retrouve le plus souvent dans les assiettes : du riz, des pommes de terre (à l’eau ou frites), de la poule, de la truite ou de l’oeuf. Les Péruviens mangent peu ou pas de légumes. Les fruits ne sont jamais mangés comme dessert mais les Péruviens n’oublient jamais d’en emporter pour les longues balades. Certains fruits sont aussi utilisés pour faire des confitures : la berengena, le chirimoya ... Et ils existent tous en glace !
De plus, dans chaque plat on retrouve systématiquement au moins deux féculents. Notre record personnel : 5 ! Riz, pommes de terre à l’eau, maïs, pois chiches et manioc !
Maintenant, abordons le thème des BOISSONS !
-Eau : l’eau du robinet n’est pas potable, ils doivent en acheter en bouteille ou la faire bouillir pour éliminer les bactéries !
-Café : Dans les restaurants, on sert de l’essence de café que l’on doit allonger avec de l’eau chaude.
-Thé : les plus communs sont camomille, anis, clou de girofle-cannelle et à la coca, appelé maté de coca et normalement utilisé contre le mal des montagnes (soroche). Ici on nous a dit que les bonbons au citron vendus dans la rue étaient plus utilisés. Nous n’avons pas eu à les utiliser ni l’un, ni l’autre car, par chance, aucun de nous n’a eu le mal des montagnes. J
Les Péruviens boivent beaucoup de thé, notamment en mangeant. C’est probablement dû au fait qu’ils doivent faire bouillir l’eau pour la rendre potable, donc en même temps ils se font un thé… au lieu d’attendre que l’eau refroidisse !
-Boissons gazeuses : on sent l’influence des Etats Unis, beaucoup de grands formats dans les supermarchés, jusqu’à 5L ! LA boisson gazeuse du Pérou est l’INCA KOLA. Malgré sa couleur jaune fluo et son goût bubble gum, c’est une boisson rafraichissante. Les Péruviens en sont très fiers et c’est le premier soda du Pérou en termes de vente !
-Bière : l’autre boisson préférée du Pérou ! Il en existe une petite quinzaine : Pilsen, Cristal, Trujillo… et la meilleure la Cusqueña. La plupart sont des bières blondes, il existe peu de brunes.
L’inca kola, en bouteilles de 3 L ! La Cusqueña.
-Chicha : sorte de bière de maïs fermentée alcoolisée, ayant plutôt la consistance d’une soupe. Parfois certains ajoutent de la pomme pour donner du goût, ce qui donne de la chicha de manzana.
-Chicha morada : à base de maïs pourpre et non alcoolisé. Ça ressemble à un vin chaud tiède et dilué à l’eau et avec un petit goût de cannelle.
-Pisco : sorte de marc de raisin, très alcoolisé, proche de 40°. Pour que ce soit plus buvable, un cocktail a été créé : le Pisco Sour, composé de Pisco, de blanc d’œuf, de jus de citron vert, de sucre et de glace pilée. Le mélange de ces ingrédients est assez surprenant au premier abord, mais c’est un cocktail bon et sucré !
-Vin : Les vins du Pérou ne sont pas fameux d’après les Péruviens, sauf ceux de la région d’Ica. Ici se boivent plus facilement les vins du Chili et d’Argentine. Nous avons testé un vin de la région d’Ica qui s’appelle Ocucaje, issu d’un cépage Cabernet Sauvignon : une bonne surprise !
-Jus de fruits : dans la rue, se vendent très facilement des jus de fruits frais pressés, de tout type de fruit, parfois de plusieurs fruits. Nous avons déjà testé les jus de pomme, de fruit de la passion, et de carambole, très bons !
Vin d’Ocucaje. Et LE Pisco Sour, consistance crémeuse grâce au blanc d’oeuf battu !
Pour vous faire une idée de ce qui se mange ici, voici un MENU TYPE :
Petit déjeuner
Salé !
Café ou thé avec Avocat, œuf sur le plat, petits pains, cachangas (pâte à pain étalée pour former une galette et frite dans de l’huile, miam !).
En fait, les péruviens mangent plus souvent un caldo en guise de petit-déjeuner ; nous on a eu le droit d’y échapper le plus souvent… Un caldo est un bouillon de poule auquel est ajouté des pâtes, des pommes de terre, du blé concassé et/ou des jaunes d’œuf durs. Et pour ajouter du goût, des petits morceaux de céleri, carottes et des pattes de poule !
Déjeuner
Entrée (systématique)
Un caldo ou parfois une soupe à la farine, pour donner de la consistance et tenir au corps. Ou encore des papas a la huancaina (voir plus loin dans l’article).
Plat
Du riz, des pommes de terre (débordants presque de l’assiette) avec une petite cuisse de poule, le tout allégrement aspergé de sauce.
Accompagnement : du piment d’ici, l’ají ou roccoto. Il est très fort, surtout pour nos papilles non expérimentées ! Par contre, il n’y a jamais de sel ou de poivre à table !
Dessert
Le plus souvent absent dans les « pensions », repas unique et pas cher au restaurant. On a quand même eu le courage d’essayer des gélatines aromatisées au sirop de framboise et du riz au lait au café… essais non concluants. Heureusement, le manjar blanco remonte la côte des desserts que nous avons eu l’occasion d’essayer, aussi appelé dulce de leche ou confiture de lait.
Dîner
Soit un caldo, soit un plat du même genre qu’au midi, soit quelques cachangas avec une boisson à base d’avoine.
A table dans les pensions, on a une cuillère pour l’entrée, une fourchette pour le plat mais pas de couteau, on mange avec les mains ou on se débrouille !
Et toujours un jus de fruit, ici fruit de la passion.
Ceci était un menu de tous les jours, maintenant voyons quelques spécialités typiques péruviennes.
Ceviche
Plat de poisson cru. La dorade est la plus souvent utilisée, mais il peut être aussi fait avec des crevettes, de la truite ou un peu de tout (surtout des fruits de mer).
Le poisson est mariné dans du jus de citron vert, il est servi avec des oignons rouges crus, du maïs doux et une patate douce, et pimenté à l’ají.
Dans la rue, il se vend des ceviche dans un verre, appelés leche de tigre.
Ají de gallina
Des petits morceaux de blanc de poulet dans une sauce à base de pain-lait-ail-oignon-ají, servis avec riz et pommes de terre à l’eau, coupées en rondelles.
L’aji de gallina à votre gauche. Sous la sauce pimentée se trouvent quelques pommes de terre, en plus du riz ! A droite, une soupe à la farine avec de l'eau et quelques légumes.
Papa rellena
Pommes de terre recomposées, farcies à la viande et aux oignons. Cuites ensuite frites dans de l’huile. (pas encore testées mais ça a l’air intéressant J )
Papa a la huancaina
Pommes de terre cuites à la vapeur, coupées en tranches et recouvertes d’une sauce jaune, préparée à base de fromage frais, d’œufs et d’ají.
Une entrée de « papa a la huancaina » avec un superbe jus de mangue
Pollo a la braza
C’est le repas dominical typique, accompagné d’INCA KOLA. Un poulet rôti accompagné d’une salade de légumes et de frites, miam !
Cuy frito
C’est un ¼ de cochon d’inde frit, accompagné de pommes de terre et riz ! C’est un plat national et c’est le meilleur qu’on peut vous offrir au Pérou. Pour l’avoir testé, on peut vous dire que c’est impressionnant dans l’assiette, surtout quand on a la tête. C’est une viande très pauvre en cholestérol, ressemblant à du lapin mais très compliqué à manger avec les petits os…
Un beau morceau de poulet braisé, des frites, des légumes et un verre d’Inca Kola .
On est dimanche !!
On allait oublier de vous parler du fromage ! La région de Cajamarca est très fière de ses fromages, à tel point qu’on trouve une fromagerie dans chaque rue. Mais pour être honnête ça n’a rien de comparable avec ce qu’on peut trouver en France ! Il ne s’agit que de fromage au lait de vache et à pâte pressée (type emmental).
Dernière chose : au Pérou, on trouve des restaurants typiques et aussi beaucoup de restaurants chinois. Ils sont appelées Chifa et on y sert une cuisine sino-péruvienne, avec des spécialités mélangés des deux pays. Par exemple, l’arroz chaufa est composé de riz avec des morceaux d’omelette, des petits pois et des petits bouts de poulet, et tout ça fait au wok. En plus d’être bon, les chifa servent des quantités astronomiques !
Cochons d’inde, avant et après la cuisson !!
Cloé.
mardi 10 avril 2012
Le projet avance ! (au rythme péruvien...)
Voilà déjà plus d’un
mois que nous foulons le sol péruvien pour défendre la noble cause de
l’association Agro Perú Niños : soutenir le développement du hameau de
Siracat par l’agriculture. Il est donc grand temps de faire le point sur
l’avancée du projet jusqu’à maintenant, de vous expliquer comment on travaille,
les difficultés qu’on rencontre… Notez que cet article s’adresse aussi bien aux
élèves des écoles (moyennant l’utilisation d’un dictionnaire, car vous allez
enrichir votre vocabulaire) qu’à nos lecteurs les plus assidus (et même aux
personnes qui seraient tombées sur le blog par hasard).
A peine a-t-on posé le
pied à Lima que déjà notre première mission, si on l’acceptait, pointait le
bout de son nez : envoyer un e-mail à toutes les personnes qui ont, de
près ou de loin, participé au projet par le passé. Et là, premier échec.
Visiblement, le mail n’est pas le mode de communication favori des
péruviens : on n’a obtenu qu’une seule réponse, celle du nouveau maire de
Cospán (c’est le village auquel appartient Siracat). Mais nous ne nous sommes
pas découragés pour autant (et heureusement, parce que comme vous allez
vous en apercevoir, on n’était pas au bout de nos peines !).
En réalité, la vie du
projet se décompose en deux parties bien distinctes :
-
Une
partie se déroule à Cospán et Siracat, lieux directement concernés par la
mission APN. Là, on peut discuter avec les acteurs locaux du projet : la
mairie de Cospán, le directeur du collège de Siracat, Martín, le professeur
d’agronomie, relais d’APN sur place, les poules, les vaches, sans oublier les
élèves du collège et leurs familles. Cela permet de voir l’avancée des
différents travaux entrepris, de collecter les impressions et les nouvelles
idées. Il est aussi important d’être simplement présents sur place pour montrer
aux villageois que l’association travaille et tient ses engagements.
-
L’autre
partie se déroule à Cajamarca, capitale de province, siège du gouvernement
régional, ce qui équivaut à peu de choses près à un conseil régional français.
C’est là que nous adressons les demandes de subventions pour du matériel ou des
constructions, c’est là que nous rencontrons les personnages influents et que
nous entreprenons toutes les démarches administratives.
Vous l’aurez compris, les deux parties sont indispensables et
complémentaires, et cela nous amène à faire des allers-retours réguliers entre
Cospán et Cajamarca, séparées par six heures de routes cahoteuses. Je vais
maintenant rentrer un peu plus dans les détails.
Notre premier séjour à
Cospán a été l’occasion de vérifier l’implication du village dans le projet.
Nous avons tout de suite été rassurés : le professeur Martín nous a semblé
toujours aussi motivé et débordant d’idées neuves pour améliorer l’enseignement
agricole au collège. Quant à la mairie, elle semble elle aussi s’être imprégnée
du projet. Elle a notamment décidé de financer la construction d’une réserve
d’eau pour le collège, qui n’avait jusqu’à maintenant accès à cette ressource
indispensable aux travaux pratiques qu’une fois tous les 22 jours ! L’idée
est de remplir cette réserve à chaque fois et de s’en servir jusqu’à la
prochaine arrivée d’eau. Le maire a promis que les travaux débuteraient
bientôt, ce qui serait une très bonne nouvelle quand on sait que la saison
sèche commence en mai-juin. On a bon espoir de voir le bassin terminé avant
notre départ. La mairie a également acheté quelques outils agricoles (pelles,
bêches…) qui permettront aux élèves de s’initier aux travaux des champs.
Lors de notre visite
du collège de Siracat, Martín nous a expliqué les différents aménagements qu’il
avait prévus : il sait déjà où il veut planter arbres et arbustes, et
quelles espèces il veut utiliser, forestières ou fruitières. Il nous a montré
l’emplacement du futur laboratoire de transformation, qui offrira un véritable
plus aux travaux pratiques proposés aux enfants et pourra aussi servir à long
terme à vendre des produits agricoles transformés (yaourts, confitures, jus de fruits…).
Par ailleurs, il s’est dit très intéressé par le démarrage d’un élevage de
petits animaux, lapins (conejos) et cochons d’Inde (cuyes). Les élèves
pourraient ensuite en ramener chez eux afin de les dresser et de monter un
numéro de cirque. C’est une blague bien sûr, l’idée est de commencer leur propre
élevage et ainsi de diversifier leur alimentation. Le professeur nous a en plus
communiqué son intérêt pour l’achat d’un vidéoprojecteur et de l’ordinateur qui
va avec, afin de pouvoir proposer aux enfants des illustrations sur les
différents points abordés en cours.
Avec Martín, nous
avons également discuté de la création d’une association APN locale, qui serait
constituée de parents d’élèves par exemple, et d’une coopérative agricole
regroupant les différents agriculteurs de Siracat, voire de Cospán dans son
ensemble. Mais pour l’instant, ces deux points n’ont pas vraiment avancé. Il a
aussi été question de mettre en place une formation agricole pour les adultes
du village, idée lancée par Bertrand, le vice-président d’APN, lors de sa
visite en novembre dernier. Nous nous sommes adressés à l’Université de
Cajamarca, afin de savoir s’ils pouvaient envoyer des professeurs spécialistes,
qui viendraient le temps d’un week-end assurer les parties théorique et
pratique. Nous avons retenu deux grandes thématiques, qui feraient l’objet de
deux week-ends de formation distincts : une thématique « Recyclage et
production d’engrais organique » et une thématique « Usage de l’eau
et gestion des terres ». Le 30 avril, une réunion avec les gens du village
viendra fixer les dates des formations et permettra de décider où et comment
elles seront réalisées. Enfin, on a mis sur la table le problème de la gestion
des déchets du village, pas du tout organisée à l’heure actuelle. Après
discussion avec la spécialiste de la question à la mairie de Cajamarca, nous
avons convenu qu’elle se rendrait prochainement à Cospán afin de sensibiliser
les habitants et de choisir une fois sur place la solution la plus pratique.
L’idée retenue pour l’instant serait de trouver un endroit où stocker
temporairement les déchets avant de les acheminer par camion jusqu’à Cajamarca,
où ils seront traités. Voilà pour les différents points abordés, voyons
maintenant ce qu’il est advenu de ces belles initiatives une fois que nous
avons adressé les demandes officielles aux organismes concernés.
Photo qui n’a rien à voir
avec le propos de cet article mais qui a au moins le mérite de vous permettre
de souffler avant la dernière ligne droite
Vous pensez que
l’administration française est une catastrophe ? Attendez de connaître
celle du Pérou ! Pour vous en donner une image précise, elle ressemble à
s’y méprendre à la « Maison qui rend fou » des 12 travaux d’Astérix. Je vous conseille
de voir ou revoir cet excellent dessin animé, il est très représentatif de
notre quotidien à Cajamarca. Nos différentes demandes se promènent allègrement
de service en service, de département en département, jusqu’à ce que quelqu’un
ait la bonne idée de vérifier de quoi elles parlent et qui serait susceptible
de les financer. Mais ce serait trop simple si le jeu de pistes se limitait à
ça. Rajoutez-y les indications
floues voire erronées sur la direction à suivre et la personne à rencontrer, et
même parfois des incompréhensions complètes entre nous et nos interlocuteurs (à
leur décharge, notre espagnol n’est pas encore d’une fluidité exceptionnelle).
Tant et si bien qu’on a parfois l’impression de devoir résoudre des
énigmes ! Mais rassurez-vous, à force de courage et d’abnégation (en voilà
un mot compliqué !) on finit par obtenir des résultats, la preuve dans le
paragraphe suivant.
Bertrand, en novembre dernier, avait remis au Gouvernement
régional la demande de financement de graines améliorées pour la pépinière du
collège et des différents outils et appareils nécessaires au laboratoire. Après
quelques péripéties et de nombreuses visites, nous avons appris que celle-ci
avait été transmise à la Direction régionale de l’agriculture et archivée. Il
s’était écoulé trop de temps entre la dernière visite de Bertrand et notre
arrivée. Nous avons donc dû nous adresser au directeur, qui a reconsidéré notre
demande et nous a annoncé qu’il pensait en financer au moins la moitié. Il doit
nous recontacter sous peu pour confirmer. En ce qui concerne le laboratoire en
lui-même, nous sommes en passe d’obtenir le devis de construction, grâce au
soutien de l’ancien maire de Cospán, Luciano Mendez Alcantara. En toute
logique, les travaux devraient donc débuter dans les mois qui viennent, mais
prudence…
En revanche, la demande pour le vidéoprojecteur et
l’ordinateur a été refusée. Nous allons donc probablement financer nous-mêmes
cet achat, à l’aide des fonds que nous avons réunis grâce à vous avant notre
départ. Vous me ferez donc remarquer, à juste titre : « Mais alors,
où est la vraie bonne nouvelle ? ». J’y viens, lecteurs incrédules,
j’y viens ! En effet, la demande pour les lapins et cochons d’Inde a été
acceptée ! Bon certes, pas vraiment comme on l’attendait : là où nous
pensions obtenir l’argent nécessaire à l’achat de ces sympathiques bestioles,
nous avons en fait eu droit… aux bestioles elles-mêmes, en chair et en
poils ! Nous sommes donc en train de réfléchir au meilleur moyen de
transporter 20 cochons d’Inde et 20 lapins entre Cajamarca et Siracat, sachant
que le combi qu’on utilise habituellement peine déjà à accueillir ses passagers
humains…
Vous l’aurez compris, le projet n’est pas de tout
repos, mais c’est aussi ça qui le rend si intéressant et enrichissant ! Et
puis l’avantage, c’est que désormais la mairie de Cajamarca, le Gouvernement
régional et autre Direction régionale de l’agriculture n’ont plus de secrets
pour nous ! Et pour l’anecdote, le vigile (avec arme et gilet pare-balles)
à l’entrée du gouvernement nous connaît si bien maintenant qu’il nous salue et
qu’on rentre comme dans un moulin, alors qu’au début on devait montrer patte
blanche et expliquer longuement ce qu’on venait faire ici !
NG
Différences culturelles
C’est encore
Julien pour vous parler de quelque chose de très important quand on
voyage : les différences de culture, de manières de vivre etc…
Première surprise (et pas des moindres) : une fois sur place, on
s’aperçoit qu’il y en a beaucoup moins que prévu ! Les villes sont très
européennes ou plutôt américaines dans leur architecture. On retrouve immeubles,
plans en damier, petits espaces verts… Cependant, à force de vivre ici, de
rencontrer des gens, de voir leurs petites manies… on se rend quand même compte
que non, on n’est vraiment plus en Europe, surtout en allant à la campagne.
La différence la plus
importante, dans le sens qu’on la retrouve partout, en ville comme à la
campagne, c’est le machisme ambiant.
En
ville (Lima, Cajamarca) on le retrouve sous la même forme qu’en France mais de
manière plus marquée : les femmes sont cantonnées aux métiers « de
femmes » : secrétaire, vendeuse, serveuse, femme de ménage… Le « bon » côté de tout ça c’est
que les hommes sont très galants.
Mais c’est à Cospán que la différence
homme-femme est la plus notable. Deux petites anecdotes pour expliquer. La
première fois que nous avons été à Cospán, nous avons participé à une réunion
animée par le maire avec les habitants du hameau de Siracat. Le but de la réunion
importe peu. Nous avons tous les 4 été très surpris car les hommes et les
femmes ne se mélangeaient pas ! Les hommes en face et à gauche de nous,
les femmes sur la droite. On a retrouvé cette séparation chez les élèves
lorsque nous avons fait nos cours de Français. Tout ça reste finalement assez
amusant à voir mais pas très « grave » puisque les femmes avaient le
droit de s’exprimer pendant la réunion.
À l’inverse, une autre situation nous a
mis assez mal à l’aise. Lors de notre deuxième séjour à Cospán, Martin – le
professeur du collège avec lequel nous travaillons - nous a proposé de manger
chez lui. Nous sommes donc arrivés vers midi, ledit Martin n’était pas encore
rentré de son travail aux champs (quasiment tous les habitants de Cospán sont
agriculteurs en plus d’une autre activité). Sa femme nous a tout de même
invités à passer à table… sans elle. Elle, ainsi que la mère de Martin sont
restées à la cuisine tout le temps où nous mangions, se contentant de faire le
service, malgré notre insistance à les faire venir avec nous. Lorsque Martin et les autres hommes qui travaillaient avec lui
sont rentrés, elles ont recommencé… à tel point que je serai incapable de dire
si et quand elles ont mangé !
Dernière chose là-dessus. A Cospán toutes
les femmes passent leur temps à tricoter/filer la laine/ faire des chapeaux… Ça donne des
choses très jolies et c’est impressionnant de les voir faire en marchant, en
discutant, en faisant les courses etc… mais ça reste assez troublant pour des
petits européens que nous sommes de les voir cantonnées à ce genre d’activités.
Petit point intéressant tout de
même, (presque) partout où nous allons Cloé ne subit pas le machisme ambiant.
Comme elle est tout le temps avec trois hommes, elle « peut »
participer à toutes les activités sans distinction de sexe. Elle est donc
considérée comme un homme dans cette société… certainement parce qu’elle est
étrangère… enfin j’espère :D
Autre différence importante : la
manière de conduire. Ici le code de la route, même s’il existe en théorie,
n’est pas vraiment appliqué… En ville,
les priorités à droite sont remplacées par des priorités… à celui qui passe en
premier, ou celui qui klaxonne le plus fort, ça dépend des fois. A la campagne,
les panneaux de limitation de vitesse sont là uniquement pour la forme, mais
bon en règle générale le relief et les routes sinueuses empêchent de rouler
trop vite.
Il y a des différences à l’école
également. Chaque école a son uniforme que les élèves sont obligés de mettre
tous les jours. Au collège de Cospán,
chaque journée de cours commence et se termine par une sorte de « discours »
du directeur, les élèves sont alors en rang alignés devant le collège et encore
une fois, ils sont rangés par classe ET par sexe.
Les élèves en rang devant le collège
Encore deux ou trois petites choses :
-
Ici
on fait une bise, pas deux. Et on ne
fait pas la bise à une femme qu’on ne connait pas mais une simple poignée de
main.
-
Si
les gens vous croisent juste 30 secondes, ils vous serreront la main une fois
pour dire bonjour… et une pour dire au revoir. Très (trop?) poli donc.
-
Les
gens crachent… tout le temps. A Cospán ça reste compréhensible puisque tous les
hommes chiquent des feuilles de coca (voir article sur……..) mais en ville ça
l’est beaucoup moins. Pour la petite histoire, la gérante du premier hôtel où
nous sommes descendus crachait… même à
l’intérieur de son propre hôtel !!
Voilà, je pense avoir fait le tour des
choses que nous avons remarquées. Il est possible que j’en ai oublié ou que
d’autres nous paraissent normales après un peu plus d’un mois ici donc
n’hésitez pas à demander !
JM.
mardi 3 avril 2012
Le Pérou c'est quoi en fait?
Comme Clément l'a expliqué dans son article sur les cours que nous avons fait, les élèves péruviens connaissent très mal la France et même l'Europe. Mais sommes nous vraiment mieux informés?!
Personnellement,
ce qui me venait à l’esprit quand on me parlait de Pérou avant de partir – et
donc ce qui m’a donné envie de partir - était en grande partie issu des 7 boules de cristal et Le temple du soleil de Tintin. Ce qui se
résumait donc à peu de chose près à ça :
-
Les
lamas (quand lama fâché, lui toujours faire ainsi)
-
La
montagne
-
Les
bonnets péruviens
-
Et
bien sûr, les Incas et le Machu Picchu (qui n’est pas dans Tintin… on est
d’accord)
Seulement, dès
notre arrivée à Lima, nous nous sommes rendu compte que le Pérou c’est bien
plus que ça ! En une semaine de tourisme dans la capitale péruvienne nous
avons entendu parler de la culture Wari, de Simon Bolivar ou encore d’un
Sentier Lumineux. Je vais donc essayer
de reprendre les grandes lignes de l’histoire péruvienne, mais aussi de sa
géographie particulière. Je sais que tout le monde sera ravi J. Je remercie par avance le Guide du routard, le Petit futé ainsi que Wikipédia pour leur
aide précieuse.
Le Pérou se
décompose en 3 zones :
- - La côte, aride, en espagnol costa.
Le Pérou donne
sur l’océan pacifique… contrairement à l’image que l’on peut avoir de cet océan
– en vrac iles paradisiaques, surfeurs et jolies filles en petites tenues - l’eau est TRES froide, due au courant
Humboldt! Du moins, c’est ce que nous avons constaté à Lima. Il semblerait, Guide
du routard à l’appui que ce soit mieux dans le nord du Pérou… bientôt la
réponse. Une particularité de la côte à
cause de cette eau froide est le brouillard présent tous les matins, appelé garúa, ainsi que l’absence de
pluie : Il ne pleut à Lima que 2 jours par an et seulement 7 mm (contre
750 à Lille). Les 8 millions d’habitants de la capitale péruvienne dépendent
donc de la montagne pour leur alimentation en eau. Actuellement une véritable
crise de l’eau se profile. Depuis la création de la ville, l’eau provient des
pluies l’hiver et de la fonte des glaciers l’été, aujourd’hui ces glaciers sont en train de
disparaître… la faute au réchauffement climatique !
- - La cordillère des Andes, où nous sommes, appelée sierra en espagnol.
Avec ces 7 000 km
de long, la cordillère est la plus longue chaine de montagnes du monde, elle
s’étend de l’Equateur au sud du Chili en traversant le Pérou, la Bolivie et une
partie de l’Argentine. Le climat se
décompose en deux saisons. De mai à octobre, c’est la saison sèche, pas une
goutte de pluie, le reste de l’année il faut compter avec de grosses pluies. On
a d’ailleurs pu expérimenter le climat « saison des pluies » de Cospán
tout à fait particulier. Le matin grand soleil, l’après-midi pluie et/ou brume
– qui est en réalité un nuage…
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| une apres midi normale à Cospan |
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| matinée à Cospan |
Un autre point
très important des Andes est l’abondance des gisements de métaux, fer, zinc,
plomb, argent et or. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes
environnementaux, j’aurai l’occasion de refaire un article détaillé sur le
sujet.
- - La selva, la jungle.
Nous n’y avons pas
encore mis les pieds. Mais selon le Guide du routard (c’est un peu ma bible en
ce moment…) cela correspondrait tout à fait à l’image qu’on peut en avoir vu de
France : animaux exotiques (puma, singes, tapir…), énormément de plantes
diverses et variées et indiens cannibales… enfin ils l’étaient avant… enfin j’espère…
Voilà pour le
cadre.
Côté histoire, on a bien souvent que les Incas sont le seul peuple a avoir peuplé les Andes. Cependant bien que les Incas aient construit un empire impressionnant – sur presque toute
la Cordillère, ils n’ont commencé à dominer la région qu’à partir de 1438
soit presque au début de la Renaissance en Europe !
Et avant?! et après?!
Il y a bien des choses à dire donc nous prendrons la peine de refaire un artcile uniquement sur le sujet.
JM.
lundi 2 avril 2012
Bonjour, comment ca va?
« Vous
voulez un cours de maths ou de francais ? » Qu’est-ce que tu aurais
répondu, toi, à cette question ? Et bien l’élève de Siracat, lui, il n’a
pas hésité bien longtemps. « Frances, frances ». Sage décision. Les maths ne m’ont jamais
fasciné.
C’est donc par un
beau jeudi de mars que nous avons adressé ce choix aux élèves du 1er
grade, déjà accrochés aux fenêtres de leur classe avant notre entrée pour
apercevoir ces « gringos » parlant un bien étrange langage. Le
collège compte 5 grades, le 1er étant le plus bas (12-13 ans). Nous
avons fait 3 cours en tout (1er,
3e et 4e grades), en
3 jours.
Le collège de Siracat
C’est donc avec quelques notes et 16 paires d’yeux braquées sur nous que nous avons entamé un petit exposé sur la France et l’initiation à la langue qui va avec. Nous avons choisi de présenter des choses assez concrètes, telle la géographie pour commencer. Les élèves ne savaient pas situer la France (ni même l’Europe pour les 1er grades), ce qui n’est pas étonnant vu la distance qui les sépare de notre pays : environ 10 000 km !
Nous avons
ensuite balayé les grands thèmes qui permettent de comparer les modes de vie
péruvien et français : le système éducatif, l’alimentation,
les endroits les plus touristiques (la tour Eiffel par exemple), les différents
modes de transport, le sport, la religion, la maison typique française,
et le physique européen. Sur ce dernier aspect, il faut savoir que les
péruviens présentent une similitude forte : de petite taille, les yeux
marrons, la peau hâlée et les cheveux bruns. Face à la diversité européenne
(taille, couleur de peau, yeux et cheveux), il est certain que les péruviens
restent toujours surpris de nous croiser dans la rue.
Les élèves en pause
Et puis la partie la plus intéressante et la plus marrante du cours : l’apprentissage de mots ou de phrases basiques en français. Dans les trois classes, la curiosité et l’enthousiasme étaient de la partie. Quelques exemples de mots : Buenos días = Bonjour, ¿Cómo estás ? = Comment ça va ?, Adíos = Au revoir, ¡Hasta luego ! = A bientôt ! Note qu’en espagnol il y a deux points d’interrogation et d’exclamation : 1 renversé en début de phrase et 1 normal en fin de phrase, et que les péruviens trouvent notre système plus simple (logique après tout).
Les élèves,
ensuite, réclamaient eux-mêmes des mots divers : noms d’objets, d’animaux…
Ils ont, de manière générale, du mal à prononcer certains mots car certains
sons n’existent pas en espagnol. Il n’empêche qu’il y avait toujours un élève
par classe qui parvenait à dire tous les mots très bien. Si tu te reconnais
dans cette dernière phrase, alors n’hésite pas, tu es fait pour les langues. Et
enfin, nous finissions chaque cours en traduisant le prénom de chaque élève par
un équivalent français. Nous nous sommes alors très vite aperçus que
beaucoup d’entre eux portaient des noms qui ne sont plus utilisés chez nous.
Quelques illustrations : Albert, Alfred, Hyacinthe, Gilbert…
Nous avons même
parfois poussé la chansonnette, guidés par Nicolas, illustre juke-box de la
bande.
Joe Dassin et Francis Cabrel restaient les plus faciles à chanter. Le dernier cours (au 3e grade) a même été l’occasion de passer quelques chansons grâce à notre ordinateur, dont un Fatal Bazooka glissé de manière habile entre deux extraits. Cloé et Nicolas auront esquissé quelques pas de valse au premier cours mais l’expérience ne fut pas renouvelée, notre maladresse dans le domaine ayant tout de même suscité des rires, et c’est bien là l’essentiel.
Joe Dassin et Francis Cabrel restaient les plus faciles à chanter. Le dernier cours (au 3e grade) a même été l’occasion de passer quelques chansons grâce à notre ordinateur, dont un Fatal Bazooka glissé de manière habile entre deux extraits. Cloé et Nicolas auront esquissé quelques pas de valse au premier cours mais l’expérience ne fut pas renouvelée, notre maladresse dans le domaine ayant tout de même suscité des rires, et c’est bien là l’essentiel.
Un bien bel
échange en résumé qui nous laissera à coup sûr une très belle image dans notre
mémoire qui ne cesse de se remplir et ce, pour notre plus grand plaisir.
CV.
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